ROCKPOOL

NOCTURNE

Extraits de BOUCHE ENTRE DEUX (rockpool), MENAGE (nocturne), CONVERSATIONS COURBES (Rebonds)

ménade n'échouissaient

rien qu'eaux sur la tôle du toit

pour nuiter encore

ton corps à côté

seuls n'étaient nos voix

nomades embaraqués

rien que nous rigole aux tréfonds

qu'affole un kookaburra

la molle espérance

dans le goutte à goutte du réservoir

monade inhabituée

l'effroi pèse à peine

quand l'huis craque

au clou froisse les deux ailes

de nos akubras

n'adonne qu'abandonné

temps brise ressentie passée

insuffle langues déparlées

bush oscillant chevauche

wallaroo jusqu'aux criques

domaines inhabités

ici maintenant

consternent il est temps

de courir au billabong

à brasser s'il ne nous entraîne

Blue mountains décembre 1999

*

l'herbe autour des cahutes à pique-nique

encore un peu graveleuse au bord du sable

longe les cubes des cabines de douche
l'aiguille de l'horloge séparant les hommes et les femmes


posées sur les rochers en surplomb des piscines
de mer toujours emplies par les vagues


dont la salutation éclaboussante gonfle


fraîchement à volonté l'entour des ébats


raide à la base butant blanche
trombe après qui crépite

Coogee beach mars 1996

*

le bain des hommes au front mouillé


longe les bords où les vagues suspendent
chaînes d'écume qui n'enfreignent
que des gouttes d'anneaux


gaiment bercent


rouillant la ronde
brillante des poteaux
rocs balançant
les courantins sous líheure


bougée de la charpente



Willie's bath, février 1996


 

articles Ménage :

Poezibao, juin 2011, JP Dubost

Terres de femmes, mars 2012, A Paoli

Action poétique 206, déc. 2011, C Adelen

REBONDS

                                                                  dessin Nathalie Delasalle

                                                                          

 

 

                                       

 

d’un

point

insituable

au médian

une énergie tapie

dans un fil tortu

à la desserre

reprise

pour

tenir

prête

à bondir

cause

invisible

recours

à la force

d’attendre

l’accroche double

en portée

tenue aux bords

retrait

caché

du temps

dans la cage

sans portes

retrousse

les confins

dans son oeil

vise

d’un

jour

toute sa

 contenance

endure

la résonance

au lâcher

 

„chtong“

s

i

g

n

e

la

gifle

sens

dessus

dessous

antipodiques

poussées

soeurs

du centre

s’équipollent

une masse pressée

pour la remonte

retourne l’hélicon

dégonde

les secondes

au talon

l’encoquillé

de fer

long

d’un

coup

à la détente

des

torons

transportés

complaignent

distance échappée

voyelles

glossolalisent

sur ossature

consonnantique

chacune

hale le creux

tapi dans ses rubans

s’étire l’innombrable sourire

jusqu’au point de retour

de la dernière spire

article Rebonds :

Poésie Plastique, déc 2020, F Chauvreau

vidéo Rebonds

passe l’instant

l'ébouillanté

le corps

à l'acte

choisi

chu

béance

liquide

en-dessous

*

craque sourdement

l'eau l'échouissent

pluies estompées

des corps sismiques

effervescents

reprennent d'archaïques

postures

jusqu’à l'obscur

à remonter

respire

*

choc de trouée

rentre au silence

la masse autour

s'est ressaisie

qu'il faut battre

à ressurgir

plus loin

tête seule

*

l'ouïe

revient

au corps

à l'air

en dedans

retenu

le geste

lent

la masse

autour

*

crachent

les soupirs

sifflants

fragments

d'effusion

souffle

à reprendre

*

embrassent d'aubes

un flot

qu'enjambent

crawleurs en souffle

d'apartés

*

la vague

la grande épaule

à emporter

les corps

valdingués

masse douce au sel

rudoie

en de plus grands

mouvements

*

creux

qu'engouffrent

leurs eaux

à clapoter

sans cesse

intimes

qui raclent

*

tableau des marées

rivé au lit dépassé

de digue en île enjamber

les frais remuements

toujours

tels qu'après fracassée

la maison

sans portes

ventre ouvert

les os dans les rocs

ses eaux repartir

les embruns laissés

sur le bord

article Bouche entre deux :

CCPoésie de CIPMarseille, 2003, JM Perret